Interview : Hélène Defossez, une maman veggie pour nous guider

Lorsque l’on décide de devenir végétarien, on se pose mille questions sur ce nouveau mode de vie. Le temps passe, on s’habitue, et voilà que l’on se retrouve avec un projet d’enfant. C’est à nouveau la foire aux questions, les doutes, les reproches de l’entourage, une philosophie de vie qui s’ébranle mais que l’on veut conserver. On veut être au top, pour son bébé, pour soi-même et pour l’image que l’on donne du végétarisme aux autres. Les éditions Terre vivante et Hélène Defossez l’ont bien compris et nous offrent un précieux guide, Enceinte et végétarienne !

Petites quelques questions posées à l’auteure :

helene-defossez

– Pouvez-vous nous parler de votre cadre de vie, de votre petite famille et des valeurs qui y sont partagées ?

Tout d’abord, merci beaucoup de m’avoir invitée à participer à votre blog, je suis très contente de la petite communauté de supers mamans veggies que je rencontre en ligne et qui ne cesse de grandir !

J’ai rencontré mon mari il y a quelques années, à l’époque il n’était pas du tout végétarien (d’autres choses nous rapprochaient), il pensait comme la plupart des gens « c’est vraiment dommage et triste pour les animaux qu’il faille les tuer mais on ne peut pas faire autrement car l’homme a besoin de viande pour vivre », c’était simplement ce qu’on lui avait appris et qu’il n’avait jamais vraiment questionné. A ce moment là, j’étais en train de finaliser l’écriture de mon premier livre Le végétarisme comme réponse à la violence du monde et c’est en lisant mon texte qu’il a eu une sorte de révélation : non seulement il est possible de vivre sans tuer d’animaux mais on peut aussi très bien vivre et être même en meilleure santé qu’en mangeant de la viande ! Depuis, il n’a jamais regardé en arrière et n’a jamais plus mangé un morceau de viande. Il était déjà papa d’un petit garçon lorsque je l’ai rencontré et nous avons tout de suite formé une petite famille végé, ce qui était très sympa car mon beau-fils adore les animaux depuis qu’il est tout petit. Quelques années plus tard, notre fille est venue au monde, née de deux parents végétariens et elle-même végétarienne bien entendu. Nous avons également décidé de quitter Paris pour élever notre famille dans un cadre plus proche de la nature. Il ne se passe pas une semaine sans que nous partions explorer les grands espaces, observer les oiseaux, marcher au bord de la rivière, ainsi je me sens plus en accord avec les idéaux et les valeurs que nous tentons de transmettre.

– Quelle est la particularité de ce livre par rapport aux autres ouvrages sur le thème du végétarisme ?

Ce livre est le premier livre en français qui donne des conseils spécifiques pour les futures et jeunes mamans végétariennes et végétaliennes. Il donne des conseils pratiques et est proche des mamans car il est tiré de l’expérience d’une maman !

Il a aussi l’avantage d’avoir été supervisé par plusieurs médecins et une nutritionniste donc on peut être sûr que les conseils que l’on y trouve sont sérieux. C’est très utile lorsque l’on recherche des arguments pour répondre aux questions de l’entourage et le rassurer car il peut mieux comprendre qu’il s’agit d’un choix réfléchi et pas du tout farfelu.

– Votre guide englobe les étapes de la grossesse et des premiers mois de la vie du bébé. Passée cette période, avez-vous des lectures à conseiller pour les parents d’enfants plus âgés ?

Je sais qu’il existe déjà quelques ouvrages de recettes pour les jeunes enfants végétariens et végétaliens, je pense au livre de Marie Laforêt Le petit végétarien gourmand que je cite dans Enceinte et végétarienne et dans lequel j’ai pioché des astuces sympas comme la soupe gélifiée en petits cubes pour les tout petits. Je sais aussi qu’Ophélie Veron vient de sortir un livre chez La Plage intitulé Bébé Veggie, je ne me le suis pas encore procuré mais ça ne saurait tarder ! Sinon, j’aime piocher des idées à droite à gauche mais la plupart de mes livres de recettes sont en anglais.
   

– Quel est le premier conseil que vous auriez à donner aux parents qui s’inquiètent des risques du végétarisme pour leur bébé ?

La première chose pour moi serait de ne pas rester isolés, se mettre en contact avec des personnes ou communautés sur le web ou ailleurs de parents qui eux-mêmes sont végétariens ou végétaliens. La théorie, c’est une chose mais c’est toujours plus rassurant et concret de voir que tant d’autres parents élèvent des enfants végétariens et végétaliens qui se développent bien et sont en excellente santé. S’appuyer sur l’expérience des autres, pouvoir leur poser toutes les questions qui nous passent par la tête, ne pas rester avec des questions sans réponses, c’est essentiel ! Ensuite, essayer de trouver un médecin ou un professionnel de santé qui connaisse un peu le sujet ou, tout du moins, ne soit pas trop hostile ou trop ignorant sur la question afin d’avoir un minimum de soutien. Il suffit de bien se renseigner et faisant jouer le bouche à oreille. Encore une fois, l’entraide entre parents joue un rôle clé.

– Votre premier ouvrage, Le végétarisme comme réponse à la violence du monde, désormais traduit en anglais, a reçu un bon accueil dans les médias. Peut-il intéresser les personnes déjà végétariennes ou s’adresse-t-il avant tout aux personnes hésitantes ?

Comme mon dernier livre, il s’adresse à tous car il invite avant tout à explorer ou approfondir une voie, des questionnements. Je n’aime pas les dogmes et je ne donne pas de formule, je trouve que tous les pas qui vont dans le bon sens sont positifs. Si des personnes non végétariennes qui se questionnent trouvent dans mon livre des pistes pour avancer alors je trouve ça formidable. Quant aux personnes déjà végétariennes ou végétaliennes, je pense que mon livre peut aussi les aider à creuser leur réflexion et raffermir leurs convictions, c’est ce que j’espère en tout cas. Ce n’est pas un livre de faits mais une réflexion personnelle sur la question donc je pense que ça peut être intéressant de ce point de vue là car chaque expérience et regard différent apporte quelque chose au débat il me semble.

– Vous avez voyagé pour partir à la découverte de pays plus végé-friendly que la France. Y a t-il des destinations que vous conseillez particulièrement aux familles végétariennes ?

Oui, plein ! L’Inde du sud-est, évidemment, est une destination de choix pour les grands voyageurs car on se retrouve un petit peu dans un monde « inversé » où les restaurants « non veg » sont les exceptions et où le végétarisme est la norme, ce qui est assez… rafraîchissant je trouve. Plus proche de nous, la Crète est un petit paradis dont certains coins sont encore très préservés et où l’on goûte partout une nourriture simple et largement végétarienne avec des produits extras. C’est un endroit que j’aime beaucoup et je m’y rends quand j’ai besoin de reprendre des forces. Comme partout, je conseille en revanche d’éviter les coins trop touristiques car c’est cela qui a tendance à uniformiser les choses et l’on se retrouve avec la même cuisine bas de gamme et pas du tout végé friendly que l’on trouve partout dans le monde où il y a du tourisme de masse.

Sinon, j’ai des affinités particulières avec les pays anglo-saxons où l’on est toujours étonné de voir la facilité avec laquelle on peut manger végétarien et même végétalien dans certains coins (je pense à New York ou la Californie par exemple) par rapport à la France.

– Avez-vous d’autres projets d’ouvrages ?

Oui, j’ai toujours pleins de projets sur le feu et pas seulement d’écriture car je suis aussi musicienne… Parmi ces projets, il y en qui concernent le végétarisme car je crois que je ne me lasserai jamais de creuser ce sujet passionnant, mais il est trop tôt aujourd’hui pour en dire plus !

Enceinte et végétarienne, par Hélène Defossez, éd. Terre vivante, mai 2016

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