Cantine végé : tout ce qu’il faut savoir.

A l’école de ma fille, ce n’est pas gagné : depuis la rentrée 2017 à la cantine, c’est menu unique et puis c’est tout. Pas de chichi. Blanquette de veau pour tout le monde !
Donc si nous ne sommes pas là pour assurer la garde le midi, je n’ai plus qu’à ouvrir mon petit porte-monnaie maigrichon pour payer une nounou.
Alors, pourquoi le fait de servir un repas alternatif paraît-il si difficile aux communes ? C’est parti pour un petit résumé !

Au sommaire :

1- La cantine, son fonctionnement
qui gère la restauration scolaire ?
quelles normes à respecter ?
un texte de loi qui fâche
qui applique ces normes ?
les commissions
normes en cours de mise à jour
à propos du bio
2- Quelles contraintes pour les menus végés
plutôt poisson…
… ou menu unique ?
quels espoirs ?
carte des villes végé-friendly
comment agir ?


La cantine, son fonctionnement

Malheureusement, il ne suffit pas de faire la demande d’un menu alternatif pour que le personnel de la cantine improvise.

serveur à la cantine
Là, on en fait peut-être un peu trop.


Qui gère la restauration scolaire ?

Avant toute chose, il faut rappeler que la cantine est un service non obligatoire. Pour les écoles maternelles et primaires, c’est la commune qui gère le service du midi. Quant aux collèges et lycées, c’est le chef d’établissement qui prend les décisions.

Le repas est cuisiné soit sur place, soit par une entreprise de restauration collective.

Quelles normes à respecter ?

De nombreuses recommandations en matière d’hygiène et qualité des repas cadrent les restaurants collectifs.
Cette règlementation est établie en fonction des objectifs du programme PNNS (Programme National Nutrition Santé, qui lutte contre la malbouffe et l’obésité), élaboré par l’ANSES (Ministère de la Santé et de l’Agriculture…), ainsi que du PNA (Programme National pour l’Alimentation animé par le ministère de l’Agriculture, entre autres.)

Les communes établissent leur cahier de charges grâce au guide pratique du GEM-RCN, rédigé par le ministère de l’Economie et des Finances, qui reprend toutes ces recommandations. Vous pouvez y trouver des fiches thématiques avec notamment le grammage recommandé pour chaque groupe d’aliments.

Un texte de loi qui fâche

L’arrêté du 30 septembre 2011, et mis à jour en juillet 2015, impose un nombre maximal de 3 repas végétariens par cycle de 20 repas.
Un flou juridique persiste concernant les menus alternatifs : rien n’est précisé, s’ils sont concernés ou non par cette mesure, ce qui rend l’initiative difficile pour les communes.

Qui applique ces normes ?

La commune rédige un cahier de charges en fonction de ces recommandations. Le service de restauration choisi doit s’y conformer.



Les commissions

Elles sont composées :
– d’un diététicien ou nutritionniste,
– du responsable de l’établissement
– du responsable de la restauration
– des représentants des parents d’élèves
– des élus qui sont les décisionnaires.

Les décisions prises seront donc au préalable en fonction de l’orientation politique de la commune ! Les parents d’élèves ont très peu de poids quant aux prises de décision, ils apportent seulement des suggestions, des avis, des requêtes.

Normes en cours de mise à jour

L’ANSES a mis à jour ses recommandations pour adultes en janvier 2017, et prévoit de faire de même pour les enfants courant 2017.
On peut déjà noter :
– une plus grande place faite aux légumineuses,
– une diminution du grammage sur la charcuterie,
– une part de poisson toujours recommandée mais maximum 2 fois par semaine, en raison de la présence de polluants.

A propos du bio

En novembre 2016, un amendement fut voté pour que d’ici 2020, les cantines servent des repas préparés avec 40% d’aliments de saison, issus de circuits courts et avec une part de 20% de bio. La viande bio coûte chère ! N’y a t-il pas là un argument budget à avancer pour végétaliser les menus ? :)

Quelles contraintes pour les menus végés

Oubliez pour le moment les possibilités de menus végétaliens, la présence d’un produit laitier est obligatoire à chaque repas : les menus doivent être adaptés à l’équilibre nutritionnel de l’enfant avec « nécessairement un plat principal comprenant une garniture, et un produit laitier« .

Bien entendu, l’obtention d’un PAI (certificat d’allergie ou d’intolérance) pour apporter un panier-repas permet de déroger à ce principe.

Plutôt poisson…

cantine : menu végétarien avec poisson ?
Les menus alternatifs commencent à se développer, mais contiennent généralement du poisson (vu comme une source d’oméga 3, de protéines, et non proscrit par les religions juive et musulmane, dommage…).
Attention d’ailleurs à ce propos, certaines villes annoncent un menu végétarien, alors qu’ils contiennent du poisson. C’est le cas, par exemple, de Pau.

…ou menu unique ?

Certaines communes préfèrent s’en tenir à un menu unique pour des raisons économiques, restrictions budgétaires obligent, logistiques, mais aussi politiques.

Quels espoirs ?

Le problème de restriction religieuse est largement mis en avant par les médias. L’argument écologique est parfois avancé par les communes qui décident la mise en place d’un menu alternatif, mais très rarement l’argument éthique pour les animaux,qui semble n’avoir aucun poids (car il remettrait en cause ni plus ni moins tout le système sociétal…).

Pour ne pas risquer de traumatiser leurs enfants en leur imposant un plat de viande ou poissons, les parents végés n’ont alors pas d’autre choix que de trouver une nounou qui vienne chercher l’enfant le midi, avec le coût exorbitant que cela implique (Les aides de la CAF pour les assistantes maternelles s’arrêtent lorsque l’enfant a 6 ans !).

La proposition de loi du député Yves Jego pour une alternative végétarienne quotidienne court toujours.
On attend également toujours une réponse au plaidoyer collectif de mars 2015 paru dans Le Monde, rédigé par 7 personnalités dont Matthieu Ricard, Aymeric Caron et Allain Bougrain-Dubourg, pour l‘instauration d’un menu optionnel végétarien, ou mieux, végétalien, comme solution simple et la plus laïque de tous.

Je peux comprendre qu’une commune n’ait pas envie de mettre en place un menu alternatif si cela ne concerne qu’un ou 2 élèves végétariens ou véganes. L’autorisation de panier-repas sans PAI serait une solution tellement simple et économique !

Carte des villes végé-friendly

carte de france des cantines végé-friendlyVoici une liste de villes proposant un menu végétarien optionnel quotidien :

Armentières, Calais (panier-repas), Carhaix-Plouger, La Bressola, La Rochelle, Montereau-Fault-Yonne, Paris 2e arr., Perpignan, Rennes, Sablon, Strasbourg, Troyes.

Voir la carte de France de mon enquête en cours, avec l’aide de parents d’élèves végétariens ici.

Comment agir ?

Pour s’assurer des chances d’obtenir une option végé, il est important de bien choisir un élu sensible à la cause animale. Lors des élections municipales, questionnez les candidats à ce sujet !

De même pour les représentants des parents d’élèves, assurez-vous qu’ils connaissent votre requête, ce qui sera plus facile si vous intégrez vous-même les parents d’élèves. C’est aussi le moyen de savoir si d’autres parents ont fait cette demande : un groupe a toujours plus de poids !

Il est important de vous manifester auprès des responsables de restauration scolaire. Vous trouverez peut-être une explication du fonctionnement de la cantine de votre école sur le site de votre ville.

Enfin, rejoignez le groupe des parents d’élèves végétariens et végétaliens pour vous tenir informés de nos dernières réflexions !

avec la collaboration de Jordana Latrech,
créatrice du groupe les VégéNounou

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2 réflexions au sujet de « Cantine végé : tout ce qu’il faut savoir. »

  1. Bonjour, Chez nous à Angers nous avons l’option « sans viande » (avec poisson 2 fois par semaine). Nous avons pu nous arranger avec l’équipe sur place pour qu’ils retirent le poisson les jours où il y en a, et nous le retirons de la cantine quand le poisson n’est pas séparable du plat principal (genre brandade de morue). Pour ce qui est de l’argument religieux, je voudrais rajouter que le poisson est donné systématiquement le vendredi, jour dédié pour les catholiques, même si ça n’est pas affiché comme tel. Les choix alimentaires des familles sont donc pris en compte pour des raisons religieuses (même si ça n’est pas dit !), par contre les choix végétariens apparaissent fantaisistes… Mais nous nous estimons chanceux par rapport à la situation que vous décrivez !

    1. merci pour ce témoignage :).
      j’ai justement écrit à la ville d’Angers il y a quelques jours.
      Concernant le poisson, je pense que, puisque c’est ancré dans la culture française, et que ça respecte toutes les religions, ils ne voient pas de raison de changer ce rituel.

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